mardi 4 mai 2010

Pourquoi?

Désolée pour mon absence prolongée.
Un peu déboussolée ces derniers temps par mes élèves, je n'arrive plus trop à dessiner car ils ne me font plus rire. Alors, certes, il faut composer avec mais cela me questionne sur mon identité en tant que personne et en tant que prof.
Un petit dessin pour illustrer ça:


Alors pourquoi? Je n'ai pas changé d'une année sur l'autre...

20 commentaires:

June Prune a dit…

et certaines fois, alors qu'on avait l'impression de ne pas être très appréciée, on recroise des élèves l'année suivante qui sont très contents de nous voir, et qui nous disent qu'ils nous regrettent... Ah, l'adolescence et ses éternelles contradictions.
Bon courage !

SalutFinlande a dit…

A cet âge on ne se rend pas vraiment compte de ce qu'on dit et à quel point cela peut blesser. Dans votre profession, j'imagine qu'il faut se blinder un peu aussi avant de rentrer dans une salle de cours, sinon on peut se faire bouffer. Le dosage doit être quelque part entre la proximité avec les élèves que vous voyez toutes les semaines, et une certaine distance qui permet aussi de vous protéger. Ou de ne pas prendre de façon trop personnelle certaines remarques désagréables. Bon courage et bonne continuation, on a tous des hauts et des bas.

Anonyme a dit…

Bah, c'est un pticon d'ado de base. Le modèle qui ne montrera jamais à un prof qu'il l'apprécie.

Cynthia et Cie a dit…

Hé ! Hé ! C'est justement parce qu'ils n'ont plus les prof qu'ils les apprécient !
Bande d'ingrats !

Unknown a dit…

Parce que la mémoire est sélective, pzrce que les centres d'intérêts varient au grès de la vie....
Moi je me souviens de profs que je détestais à l'époque et j'ai oublié ceux que j'aimais et inversement!
La clef, c'est ça : le souvenir que l'on laisse car ce qui semblait pénible ou inutile à une époque peut laisser des traces et devenir une révélation a posteriori!
C'est ce que j'ai vécu et que je veux transmettre à mes "élèves", même s'ils ne m'aiment pas sur l'instant : je veux leur apporter quelque chose dont ils pourront se servir (ou non)!
Quoi qu'il en soit, ne désespère pas, et continue ce blog et ce travail : il est agréable, et fait réfléchir en bien!
Merci!

Anonyme a dit…

Les choses ont changé il y a a peu près 130 ans quand l'école est devenue gratuite et obligatoire.

Peu de gens sont capables d'exécuter avec plaisir une tâche sous la contrainte.

Ainsi tout incident susceptible de suspendre cette tâche est perçu favorablement.

Ça n'a que peu à voir avec la personne qui exerce la contrainte.

Lucy a dit…

Ce n'est pas toi qui a "un problème", c'est lui. Je ne dis pas ça méchamment pour lui, je dis juste que tu ne peux pas te remettre en question juste parce que tu es tombée sur un groupe d'élèves comme ça.

Ma première année d'enseignement, j'ai eu un groupe de pré-ados terrible... J'en ai pleuré plus d'une fois, après la classe ! En discutant avec mes super collègues, j'ai appris que chaque année, celles qui les avaient eu avaient passé un sale moment, avec doutes, pleurs, découragement... Des enseignantes chevronnées ! C'est pas toi, c'est eux. Pardon pour ce long commentaire avec option "tranche de vie". Courage !

RanSurround a dit…

Les gamins c'est malheureusement comme ça... D'ailleurs, très souvent, ils disent juste ce genre d'horreur parce qu'une heure sans cours, c'est toujours bon à prendre. Et c'est tellement plus hype de détester ses profs...
Ce n'est sûrement pas toi qui as changé, mais plutôt le groupe classe. Il suffit d'une mauvaise tête pour entraîner les autres, sans forcément qu'ils s'en rendent compte, vers une attitude de mépris qui 'ils n'avaient pas avant. Ce n'est pas toi qu'il faut remettre en question.
J'ai eu droit à ce genre de problème l'année dernière. La différence, c'est que moi, je ne suis pas faite pour être prof. trop fragile. J'ai laissé tomber l'enseignement.
Mais toi, si c'est ce que tu aimes, ne laisse pas une bandes de fortes têtes te saper le moral. Dis toi bien que sur la vingtaine ou trentaine d'élève de la classe, il y en a la grande majorité qui ne pense pas du tout ce genre d'horreur et qui sera ravie de te revoir plus tard, comme tes anciens élèves.
Allez, courage!

Guillaume a dit…

Ce n'est probablement pas une fournée facile que tu as cette année. Garde les pieds sur terre et la tête haute, ne te laisse pas abattre. Et puis la reconnaissance vient souvent plus tard.

Pifgadget a dit…

Pour enseigner en milieu difficile depuis 8 ans maintenant je peux te dire qu'il ne faut surtout pas attendre quelque chose en retour des élèves, surtout dans l'instant immédiat. A cet age là il y en aura toujours un pour dénigrer, quoi que tu proposes, même si tu fais l'inverse de ce que tu viens de faire.

La satisfaction se trouve dans les rapports que l'on peut avoir avec certains élèves plus sympas et les relations d'amitiés avec les collègues qui sont souvent bien plus solidaires dans ce types d'établissement.

Et puis un jour on croise ses anciens élèves : certains t'ignorent, parce qu'ils n'ont pas évolué, et au milieu de tout ça il suffit d'un seul qui est content de te voir pour te redonner du baume au coeur ;-)

Anonyme a dit…

Bah c'est simple, t'es arrivée en région parisienne, tout simplement :s

Anonyme a dit…

Pour avoir vécu l'enfer l'année dernière avec une classe de p'tits c... je t'envoie tout mon soutien: on peut faire tout ce qu'on veut il n'y en aura toujours un pour critiquer, sans avoir conscience de la portée de ce qu'il peut dire...

garde courage et essaie de prendre de la distance! Bon c'est facile à dire je sais... néanmoins courage!

Florie a dit…

Salut Margo,
Merci pour ton super blog et tes instants de vie de prof. C'est toujorus bien vu et apporte un peu de fraicheur et un moment de gaieté à ma pause du midi. Moi qui travaille dans un secteur très masculin, avec heureusement un poste plutôt à responsabilités, et étant la plus jeune, je me suis déjà retrouvée en butte à des commentaires sexistes de la part de mes collègues... Surtout à ne pas prendre au sérieux et relativiser, même si sur le coup c'est très désagréable. Et finalement je suis toujours dans la même boîte et ravie d'y être.
Pour ta part, j'imagine que cette remarque qui t'a été faite n'est pas la seule, et qu'une accumulation de faits et de commentaires doivent finir par te blesser... C'est peut-être la fonction cathartique de ce blog de nous dire les bons moments, mais aussi les moins bons?

Peuwi a dit…

Whééé !
Mais d'où est-ce que cela te touche ?
C'est un peu comme si les vétos étaient tristes de voir que les chats ne les aimait pas, c'est nul !
Tu t'en fous des gamins, ils peuvent bien dire les pires horreurs, tu n'en as cure ... Au pire, tu es triste pour eux :D
(non, par contre, ca devient chiant quand ils FONT des horreurs .. Chaises piégées ou taches d'encre, parce qu'après faut réparer ...)

Et puis, honnêtement, sans vouloir te blesser, tu es à la bonne place pour pouvoir passer au dessus d'eux !
Tu es prof d'art plastique ... Tu peux leur donner une culture, générer des talents, des passions, des carrières, mais tu n'as aucune obligation de diplômes, alors tu peux prendre tes classes avec autant de détachement que tu veux, non ?
En plus, tu peux expérimenter avec eux, puisqu'ils méritent des claques ... Par exemple, tu peux tester la méthode de la méchanceté arbitraire, et observer le dénouement avec délectation ... (faut juste te méfier des parents)

En tout cas, tu n'as aucune raison de te retourner l'estomac.

-> non, je crois que la seule chose qui doit pouvoir faire mal à un prof, (outre les dégâts physiques), c'est qu'il puisse faire mal à un élève. Le reste, tu t'en balance joyeusement ! \o/

Hélène a dit…

Oh non, ne laisse pas tomber ton blog. Ca m'a manqué de ne plus te lire tout ce temps...C'est sur que ce n'est pas un boulot facile. Il faut arriver à se dire, que ce n'est pas contre toi mais contre la prof et ce qu'elle représente. (mouais, plus facile à dire qu'à faire) Il faut arriver à passer à autre chose, à se concentrer sur le meilleur. Ne te dénigre pas: c'est toujours bon de se remettre en question, mais pas trop non plus. Tout ne dépend pas de toi. Courage!! Tout va s'arranger (ça s'arrange toujours.)

Le Migou a dit…

Courage, moi aussi je suis néo-tit, et tu peux pas savoir à quel point je regrette mes élèves de l'année dernière. En même temps, on avait moins d'heures, on les a plus chouchoutés.
Y parait que les premières années d'enseignement sont les plus dures, en zone sensible, en tant que TZR etc. mais je pense que malheureusement on aura toujours ce genre de réflexions de la part de certains élèves.
Conclusion : continue à te défouler sur ton blog =]

Margo a dit…

June Prune: Merci! C'est vrai qu'il faut reconnaitre que je ne suis plus à une contradiction près.

SalutFinlande: Les reflexions, ce n'est pas si grave. C'est plus l'accumulation de faits qui est pesante. Mais je me blinde, je me blinde...

Anonyme: S'il n'y en avait qu'un...

Cynthia et Cie: Mais le pire, c'est que moi, je les apprécie tous. Ils sont tous au même niveau pour moi.

Gautier: C'est très gentil ton commentaire, ça met du baume au coeur. Moi, j'essaye juste d'être le plus honnête et agréable possible. Du coup, je dois paraitre surement trop gentille.

Anonyme: C'est un peu tiré par les cheveux parce que certains sont très agréables comme élèves. Et puis, j'ai toujours trouvé ça facile de dire que c'est la faute des élèves. Les profs doivent savoir se remettre en question aussi. C'est cette remise en question permanente qui me flingue le moral en ce moment.

Lucy: Une tranche de vie positive ou négative est toujours une source d'enrichissement pour ce blog. Merci!

RanSurround: Moi je ne pourrais pas arrêter, enseigner c'était mon rêve de gosse. Alors, je me blinde contre tout ça pour poursuivre mes rêves.

Guillaume: La reconnaissance viendra quand je ne subirai plus des "Mon artiste préféré?! C'est Jacques Molière!" ;)

PifGadget: L'ignorance de l'élèves quand je les recroise, j'ai rarement vécu ça... A la limite, c'est plus moi qui suis genée parce que je me rappelle plus leur prénom...

Anonyme: Aaaaaah c'est sur... Passer d'une station balnéaire où les élèves veulent pas aller en cours parce qu'il y a du swell à la région parisienne...Ca te change une vie ça!

Anonyme: Justement, ce blog m'aide à me forger une distance en exorcisant certains trucs que je porterai sinon.

Florie: Un témoignage hors prof qui a le mérite d'être constructif et très intéressant. Merci à toi de m'avoir montré que la situation n'est pas rose partout.

Kurtz: Quel franc parler! Je me reconnais dans ta façon d'écrire. Merci pour ton commentaire, je m'y suis reconnue. Je pense que ma chance, c'est ma discipline d'enseignement. Les arts plastiques sont plus cool.

Hélène: Ne t'en fais pas, la fermeture du blog n'est pas envisageable!

Le Migou: On sent le commentaire de T1, tu ne l 'aurais pas dit que tu l'es, je l'aurais deviné. :D

Anonyme a dit…

Hello,

Il ne le pense peut-être pas vraiment... Un peu comme toi qui espère qu'en n'entendant pas l'alerte incendie, les élèves vont périr brûlés ;-)

Anonyme a dit…

Commentaire d'une pré-adulte :

J'ai l'impression que c'était hier qu'on disait ça. Alors ne t'inquiètes pas, ils ne le pensent pas.. Ils ont juste envie d'avoir une heure en moins parce que parfois pour les élèves, et on a tendance à l'oublier, ils ont plus envie d'aller glander dehors que de remuer leur cerveau.
Je ne nie pas que c'est dur d'entendre se genre de remarque mais vraiment c'est juste une blague.

Anonyme a dit…

J'ai 21 ans et mes souvenirs du collège sont encore assez frais. J'ai souvent été dans des classes très agitées qui faisaient pleurer les profs d'épuisement... Bien que j'étais première de ma classe et que la plupart de mes profs me considéraient comme sérieuse il m'est arrivé souvent de me moquer de mes profs et d'être très grossière en parlant d'eux avec mes amis dans la cours, de boucher les serrures avec mes amis, de souhaiter à haute voix sans le penser vraiment qu'un de mes profs se soit casser une jambe pour pouvoir rester chez moi, même lorsque jamais bien le prof... bref c'est l'âge qui veut ça.
heureusement on grandit et on évolue, surtout lorsque les profs en face nous font réfléchir aux conséquences de nos actes sans se braquer et font confiance à nos capacité de réflexion quelque soit notre niveau scolaire sans baisser les bras...

Bon courage avec vos élèves et bonne continuation, c'est un métier difficile mais qui en vaut la peine je crois !